Depuis quelques temps, j'ai l'impression que certains enseignants d'éducation islamique prennent beaucoup trop de libertés et, de mon point de vue, cela est loin d'être bénéfique pour les enfants.
Il est important que les parents restent vigilants et informés quant au contenu de ces enseignements, afin qu'ils puissent réajuster le message transmis, si besoin était.
Si les valeurs enseignées sont primordiales pour la vie en société et pour une bonne intégration dans cette même société, la manière dont elles sont transmises peut, au contraire, faire plus de mal que de bien à l'enfant.
Récemment, j'ai reçu en consultation, plusieurs jeunes enfants très perturbés par la manière dont ils avaient compris ces enseignements.
La "promotion" de l'Islam durant ces enseignements est certainement à remettre en question.
J'ai reçu une fillette de 7ans extrêmement perturbée et angoissée car la maitresse lui aurait dit que "les chrétiens prient le mauvais Dieu et allaient tous bruler en enfer" (!)
Délivrer ce type de message à des enfants si jeunes m'apparait irresponsable.
Qu'en a compris la fillette ? Que ses jeunes camarades étrangers/catholiques allaient tous griller dans les flammes de enfer, aussi gentils qu'ils puissent être ! Elle s'est renfermée sur elle-même, ne leur parlant plus ; à quoi bon entretenir ces relations puisque ces camarades étaient "perdus d'avance" ? Elle s'est également mise à faire des cauchemars car, par identification, si sa copine dont elle se sentait proche pouvait bruler en enfer... peut-être qu'elle aussi !
Il est important de ne pas discréditer les enseignants, mais tout de même pouvoir réajuster le tir. Il est important de parler de ces enseignement avec l'enfant afin qu'il ait la possibilité de remettre certaines choses en question : la maitresse n'a pas menti, mais est humaine, elle n'a pas la science infuse, peut-être qu'elle s'est trompée...
De même, j'ai reçu en consultation un jeune garçon de 9ans à qui l'enseignant aurait dit que "Les parents sont sacrés et on ne doit pas penser du mal d'eux ni émettre la moindre critique à leur égard. Ce serait leur manquer de respect et donc haram".
Ce jeune garçon se sentait délaissé par son père et ressentait le besoin de partager ce ressenti avec lui : pouvoir lui dire "Papa, tu me manques. On ne fait plus rien ensemble, et j'aimerai qu'on recommence à se promener ensemble comme on le faisait l'année dernière".
Au lieu de cela, il s'est censuré car pensait qu'exprimer cette revendication était haram car pointait les failles de son père (le critiquait) et donc lui vaudrait de lourdes conséquences, un lourd châtiment divin.
De plus, il s'est senti coupable d'avoir "osé" penser que son père n'en faisait pas assez, et pensait qu'il allait être "punit par Dieu" juste pour avoir pensé cette critique.
Il s'est donc emmuré dans sa culpabilité et son silence, en souffrant seul, ce qui a eu pour conséquences de faire apparaitre toutes sortes de symptômes : pipi au lit, peur de l'école, manque d'appétit, résultats scolaires en baisse...
Les enseignants n'ont pas la formation suffisante pour prendre en considération la manière donc un enseignement est reçu et compris, ni pour se projeter dans les ressentis des enfants et les angoisses qui peuvent en découler.
De ce fait, il est important d'ouvrir le dialogue à la maison. Les parents sont les mieux placés pour cela car, a priori, connaissent mieux leur enfant que l'enseignant.
Une critique ou une remise en question n'est pas quelque chose de nécessairement mauvais, au contraire, cela peut être constructif et permettre de mieux assimiler les choses.
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