dimanche 25 janvier 2015

Education islamique : oui, mais...

Depuis quelques temps, j'ai l'impression que certains enseignants d'éducation islamique prennent beaucoup trop de libertés et, de mon point de vue, cela est loin d'être bénéfique pour les enfants.
Il est important que les parents restent vigilants et informés quant au contenu de ces enseignements, afin qu'ils puissent réajuster le message transmis, si besoin était.

Si les valeurs enseignées sont primordiales pour la vie en société et pour une bonne intégration dans cette même société, la manière dont elles sont transmises peut, au contraire, faire plus de mal que de bien à l'enfant.

Récemment, j'ai reçu en consultation, plusieurs jeunes enfants très perturbés par la manière dont ils avaient compris ces enseignements.

La "promotion" de l'Islam durant ces enseignements est certainement à remettre en question.
J'ai reçu une fillette de 7ans extrêmement perturbée et angoissée car la maitresse lui aurait dit que "les chrétiens prient le mauvais Dieu et allaient tous bruler en enfer" (!)
Délivrer ce type de message à des enfants si jeunes m'apparait irresponsable.
Qu'en a compris la fillette ? Que ses jeunes camarades étrangers/catholiques allaient tous griller dans les flammes de enfer, aussi gentils qu'ils puissent être ! Elle s'est renfermée sur elle-même, ne leur parlant plus ; à quoi bon entretenir ces relations puisque ces camarades étaient "perdus d'avance" ? Elle s'est également mise à faire des cauchemars car, par identification, si sa copine dont elle se sentait proche pouvait bruler en enfer... peut-être qu'elle aussi !

Il est important de ne pas discréditer les enseignants, mais tout de même pouvoir réajuster le tir. Il est important de parler de ces enseignement avec l'enfant afin qu'il ait la possibilité de remettre certaines choses en question : la maitresse n'a pas menti, mais est humaine, elle n'a pas la science infuse, peut-être qu'elle s'est trompée...

De même, j'ai reçu en consultation un jeune garçon de 9ans à qui l'enseignant aurait dit que "Les parents sont sacrés et on ne doit pas penser du mal d'eux ni émettre la moindre critique à leur égard. Ce serait leur manquer de respect et donc haram".
Ce jeune garçon se sentait délaissé par son père et ressentait le besoin de partager ce ressenti avec lui : pouvoir lui dire "Papa, tu me manques. On ne fait plus rien ensemble, et j'aimerai qu'on recommence à se promener ensemble comme on le faisait l'année dernière".
Au lieu de cela, il s'est censuré car pensait qu'exprimer cette revendication était haram car pointait les failles de son père (le critiquait) et donc lui vaudrait de lourdes conséquences, un lourd châtiment divin.
De plus, il s'est senti coupable d'avoir "osé" penser que son père n'en faisait pas assez, et pensait qu'il allait être "punit par Dieu" juste pour avoir pensé cette critique.
Il s'est donc emmuré dans sa culpabilité et son silence, en souffrant seul, ce qui a eu pour conséquences de faire apparaitre toutes sortes de symptômes : pipi au lit, peur de l'école, manque d'appétit, résultats scolaires en baisse...

Les enseignants n'ont pas la formation suffisante pour prendre en considération la manière donc un enseignement est reçu et compris, ni pour se projeter dans les ressentis des enfants et les angoisses qui peuvent en découler.
De ce fait, il est important d'ouvrir le dialogue à la maison. Les parents sont les mieux placés pour cela car, a priori, connaissent mieux leur enfant que l'enseignant.

Une critique ou une remise en question n'est pas quelque chose de nécessairement mauvais, au contraire, cela peut être constructif et permettre de mieux assimiler les choses.

samedi 24 janvier 2015

Bricolages pour enfants

De nombreux parents me demandent ce qu'ils peuvent proposer à leurs enfants comme alternative à la télévision, internet ou aux jeux vidéos.
Les activités manuelles en plus d'améliorer la dextérité de l'enfant, lui permet également de gagner peu à peu en confiance en lui dans la mesure où l'enfant pourra briller en montrant ses réalisations ("c'est moi qui l'ai fait !")

Voici une sélection de sites qui proposent des bricolages expliqués pas à pas.
 


=>  Le site mes petits bonheurs  :

Quelques exemples :




* un arbre en 3D, en papier cartonné et papier crépon qui pourra servir de décoration, posé sur un meuble dans la chambre de l'enfant.



 * un petit tableau en quilling (lamelles de papier enroulées sur elles-mêmes) La blogueuse propose de faire une carte, mais collée sur un châssis entoilé, ce bricolage peut faire un très joli tableau.













* un arbre en quilling (lamelles de papier enroulées sur elles-mêmes) pour faire un joli tableau.

 






* des perles en papier pour faire de jolis bijoux.







=>  Le site Kiri propose de petites recettes (15 à 30 min) à 4 mains (étapes réservées à l'adulte et étapes réservées à l'enfant).
Idéal pour passer un moment complice et privilégié avec son enfant.
De plus, la mise en scène est tellement mignonne que c'est parfait pour inciter les enfants récalcitrants à manger des légumes ! ;-)
 
Quelques exemples :





* Flans carottes au fromage Kiri









*Feuilletés aux épinards et fromage Kiri








 * Gâteau au fromage Kiri











 * Gâteau à la mangue Kiri








dimanche 23 novembre 2014

Pourquoi et comment instaurer des règles auprès de ses enfants ?


J’explique souvent aux parents qu’un enfant sans limite est comme un enfant abandonné dans le désert : il ne sait pas où aller, il est perdu.
A l’inverse, un enfant à qui l’on impose des limites est comme dans un couloir : le chemin est tracé (ce qui est rassurant) il peut aller soit devant, soit derrière et s’il essaie d’aller à droite ou à gauche, il se cognera aux murs (se confrontera aux limites).

Entre 6 et 20 mois, l’enfant découvre le monde et affirme sa personnalité. Il explore son environnement et les objets à sa portée, en touchant à tout, goutant à tout.
C’est à ce moment que la notion de limite s’instaure : les parents limitent cette exploration en fronçant les sourcils ou tapant sur la main de l’enfant quand il transgresse la règle en touchant un objet interdit ou dangereux, par exemple. 
Tout cela permet à l’enfant de comprendre qu’il a été trop loin (qu’il a dépassé les limites) et qu’il a fait quelque chose qu’il n’avait pas le droit de faire. Mais surtout cela lui permet d’intégrer que ce qu’il a le droit ou non de faire est déterminé par ses parents et pas par lui-même. Il comprend alors que ses parents sont les garants de l’autorité et du savoir : « mes parents décident de ce que j’ai le droit de faire parce qu’ils savent ce qui est bon pour moi ».

Lorsqu’un enfant n’intègre pas les règles et les limites, l’on  peut retrouver alors, des années plus tard des parents impuissants face à leur tout-puissant-adolescent-tyran. Autrement dit : des parents qui ont perdu leur place et leurs rôles et éprouvent, avec un profond malaise, le sentiment d’habiter chez leur enfant.

J’entends souvent les parents tenter de convaincre leur enfant « Allez… s’il te plait… fais-le pour moi… » Non ! L’enfant n’a pas à se soumettre « pour faire plaisir », mais parce que c’est comme ça.
Eduquer n’est pas séduire. Le rapport d’éducation n’est pas un rapport de séduction.
Je me souviens d’un samedi après-midi à Virgin où un garçon de 5-6ans avait interpellé sa mère : « Maman, je veux que tu m’achètes ce jouet… sinon, je vais pleurer. ».  La mère très calme, lui a répondu : « Je t’ai déjà dit « non »… mais pleure, si tu veux pleurer. » Le garçon, qui avait déjà commencé à pleurnicher, s’est alors arrêté, a saisi un livre et s’est mis à le feuilleter, le plus simplement du monde.
Ici, la mère de l’enfant lui a rappelé la règle, en insistant sur le fait qu’elle était infaillible (que c’était « comme ça » et qu’elle ne se laisserait pas corrompre) et l’enfant, par son comportement, lui a répondu : « Bon, Ok. J’ai essayé, ça n’a pas marché, passons à autre chose ».

J’entends énormément de parents expliquer qu’ils ont peur de traumatiser leur enfant et que c’est pour cette raison qu’ils cèdent, la plupart du temps.
Dire « non », frustre oui, mais ne traumatise pas et au contraire cela peut s’avérer très rassurant.
A l’inverse, s’entendre dire « non, mais oui, peut-être… » peut s’avérer extrêmement angoissant pour l’enfant car le message est flou.
Comment se situer, lorsque l’on est enfant face à un parent qui pour une même chose peut à la fois répondre oui et non ? Comment savoir si l’on est dans un jour « oui » ou dans un jour « non » ? Où sont les repères ?? Comment se repérer dans un tel brouillard ???

Ce qui détermine qu’un enfant  respecte ou non les règles et les limites est déterminé par la solidité et la légitimité sur lesquelles l’autorité s’est établie. Le discours parental doit donc être clair et sans ambiguïté et pour qu’il soit crédible pour l’enfant, il faut que le parent croit en ce qu’il impose. Aussi simple que cela…


vendredi 7 novembre 2014

Pourquoi punir / sanctionner ses enfants ?


«L’éducation repose sur un système de règles qui doivent permettre à l’enfant de comprendre la différence entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit et, par extension, entre le bien et le mal. Or, une règle n’en est une que si elle est assortie d’une sanction en cas de transgression.» Patrick Traube, Psychologue.

« Punition », « Punir », ces mots font peur de nos jours.  
Il semblerait que nous soyons passés d’un modèle où l’enfant n’avait pas du tout la parole à un modèle d’éducation où la parole de l’enfant fait loi ; autrement dit : d’un extrême à l’autre.
Souvent, en consultation, les parents  justifient le manque de sanctions ou punitions en me disant « j’ai peur de le/la traumatiser ». Or, si la punition est adaptée, il n’y a aucune raison qu’elle fasse traumatisme, au contraire : elle est nécessaire au bon développement de l’enfant.

Si certains parents ont si peur de « traumatiser » leur enfant, c’est que cela les ramène des années en arrière. Durant les générations précédentes non seulement on n’écoutait pas l’enfant (on ne lui accordait aucun droit, seulement des devoirs d’obéissance aveugle), mais on ne lui expliquait pas non plus les choses : la sanction tombait violemment (coups de ceinture, cris, gifles) sans que l’enfant n’en comprenne la raison.
Le lien de causalité n’était alors pas évident : il avait mal, souffrait, et ne comprenait pas pourquoi. C’est justement ce que les nouveaux parents veulent éviter à tout prix. Mais s’il y a bien une distinction à faire c’est qu’une punition n’est pas une violence, punir n’est pas violenter, c’est guider.


Transgression des règles et des limites :

Je me souviens d’un moment « magique » en thérapie où j’expliquais à un papa l’importance des limites et des sanctions en cas de transgression. Il n’avait pas vraiment l’air d’adhérer jusqu’à ce que sa fillette de 7ans, particulièrement vive et intelligente, intervienne : « Oui ! Je suis d’accord ! Hier quand j’ai jeté la télécommande par terre, tu aurais dû me punir en m’envoyant dans ma chambre ! … parce que maintenant j’vais pas apprendre et j’vais recommencer !! » sous l’œil médusé du papa…

Une punition est un rappel des limites et les limites sont ce qui guide l’enfant dans la bonne direction, c’est ce qui lui apprend… la vie.

Il est vrai que rares sont les enfants qui expriment leurs besoins avec autant de clarté que la fillette précédemment citée.
Il est normal qu’un enfant essaie de dépasser les limites imposées : cela lui permet de découvrir le monde (« Qu’ai-je le droit de faire ? », « Jusqu’où ai-je le droit d’aller ») et de tester la relation à ses parents (« Jusqu’où est-ce que mes parents m’aiment ? » , « M’aiment-ils quoi que je fasse, ou m’aiment-ils seulement en fonction de mes actes ? »).


Pourquoi faut-il être ferme, en tant que parent ?

Une punition engendre de la frustration chez l’enfant, frustration qu’il renvoie souvent sous forme d’agressivité (« T’es méchante ! Je t’aime plus !!») ou de mots renvoyant à la culpabilité des parents (« C’est pas juste. Pourquoi tu veux me rendre triste ? »)
Les enfants sont particulièrement doués pour déceler les failles et n’hésitent pas à s’en servir.
C’est le plus souvent par peur de traumatiser leur enfant, ou perdre leur amour que les parents cèdent aux caprices ou n’imposent pas le respect des règles, et cela, les enfants le comprennent.
Il est important que les parents aient confiance en eux ! Punir ne fait pas un mauvais parent, c’est même tout le contraire. Comme la punition renvoie à de la frustration, il est normal que l’enfant se révolte ou râle un peu, mais il faut « tenir bon » pour son bien.

Freud, le premier, a insisté sur le « besoin de punition » ressenti par l’enfant, conscient d’avoir fauté. Si ce n’est pas l’autorité parentale qui applique la sanction, l’enfant risque de s’en charger lui-même, notamment par le biais de pratiques autopunitives (privations volontaires, conduites à risques, mutilations…).
Mais, si la sanction est le geste par lequel le parent vient réaffirmer la règle, cela sous-entend que celle-ci ait été posée au préalable comme étant un impératif. Par exemple, avec un adolescent, plutôt que « J’aimerai bien que tu rentres avant minuit », il est préférable de dire « J’attends de toi que tu rentres avant minuit ». L’intonation, les regards et la gestuelle doivent aller dans ce même sens afin d’apporter de la crédibilité au message.
Ainsi, si l’on sourit en affirmant « Ce que tu as fait est dangereux », cela ne « colle » pas avec les mots prononcés et le sens recherché. Cela peut même discréditer  le message.
Ainsi, ne sachant plus s’il a affaire à un souhait, à une demande ou à un impératif, l’enfant peut désobéir sans le savoir, et se sentira injustement puni, lorsque la sanction tombera.

Afin que la sanction soit comprise et donc acceptée, il est primordial que le discours soit adapté à l'âge de l'enfant et donc énoncée de manière claire afin qu'il n'y ait pas d'interprétation possible.

lundi 3 novembre 2014

Comment choisir la bonne punition / sanction ?


Eduquer, c’est responsabiliser.
Les meilleures punitions seront donc toujours celles qui serviront à responsabiliser l’enfant, à faire en sorte qu’il se sente responsable de ses actes et en accepte les conséquences.

Pour cela, il faut  anticiper, c’est-à-dire permettre à l’enfant de se projeter dans la situation où il désobéira et donc s’imaginer en assumer les conséquences.
Par exemple : « Je veux que tu ranges ta chambre. Si tu ne le fais pas, alors tu devras débarrasser la table tout seul ce soir. » Il s’agit d’inciter l’enfant à aller dans le sens d’une obéissance raisonnée et s’il n’obéit pas, rester ferme et appliquer la sanction prévue : « On ne négocie pas, tu as été prévenu, donc on applique ce qui avait été convenu : tu vas ranger ta chambre ET débarrasser la table tout seul ce soir. »

LA chose à ne pas faire est de « laisser couler » et ne pas appliquer la sanction prévue.
Multiplier les menaces de punitions/sanctions sans les appliquer revient à dire à l’enfant « fais ce que tu veux, de toute façon ma parole n’a aucune valeur ! » et c’est est le meilleur moyen de ne plus pouvoir du tout, à terme, se faire obéir.
Pour ce faire, il est important que les sanctions prévues ne soient pas démesurées et qu’avant de poser la punition adaptée, le parent soit sûr d’être capable de les appliquer. Ainsi, une sanction du style « si tu ne ranges pas ta chambre, tu ne partiras pas en vacances avec nous », en plus d’être disproportionnée (petite transgression => grande punition), elle n’est pas applicable et l’enfant comprendra très vite qu’elle ne sera pas appliquée et donc qu’il peut se permettre de ne pas obéir (parce qu’il n’est pas possible qu'on le laisse seul à la maison alors que toute la famille part en voyage).

Même si une fessée n’est pas dramatique, elle n’en reste pas moins une « mauvaise punition» car renvoie plus au fait que le parent a perdu patience qu’à une réelle sanction. Le châtiment corporel peut vite être interprété par l’enfant comme un échec parental. ("papa / maman n'a pas réussi à se contrôler")

 « Le meilleur moyen d’éviter la réaction brutale, c’est d’envoyer l’enfant dans sa chambre », conseille le pédopsychiatre Jean-Louis Le Run.
Cela permet à l’enfant de penser ses actes, de réfléchir à son comportement et au parent de s’interroger sur la sanction à appliquer.
Si le parent n’est pas sûr de sa décision, une discussion avec le deuxième parent peut s’avérer utile. La sanction peut alors être différée « je vais en parler à ton père / ta mère quand il/elle rentrera et nous décideront ensemble de la manière de te punir ».
En discuter avec l’autre parent peut également permettre de prendre confiance en soi (l’on est plus seul(e) à prendre la décision de la sanction) et agir sans excès (car l’autre parent permettra alors de recadrer les choses « à froid »). Cela permet, en plus, d'apporter plus de poids à la sanction, puisqu'elle aura été décidée à deux (les deux parents) et ce qui la rendra d'autant plus "acceptable" pour l'enfant.

Selon Patrick Traube,  « La sanction réparatrice est la plus bénéfique, car elle confronte l’enfant à ses responsabilités » : une manière de lui dire : « TU as cassé, TU répares », cela peut-être, par exemple : réparer un objet cassé, remettre de l’ordre dans une pièce que l’enfant aura mis en désordre, nettoyer un meuble qu’il aura Sali, etc…
Toujours selon Patrick Traube, lorsque ce type de sanction n’est pas applicable, (si l’enfant a cassé la TV, on ne peut pas lui demander de la réparer !) « il est important de choisir des punitions qui soient justement calibrées sur la faute ». Autrement dit, il s’agit de trouver une sanction / réparation proportionnelle à la transgression / bêtise. Et ainsi établir en quelque sortes une échelle de punitions (petite bêtise => petite punition / grande bêtise => grande punition)
Cette échelle des sanctions / punitions permet également,  indirectement, à l’enfant de comprendre et d’intégrer l’échelle des valeurs des parents : « si mes parents me punissent plus durement lorsque je manque de respect à un adulte par rapport à quand je ne range pas ma chambre c’est qu’il est plus important pour eux que je respecte les adultes par rapport au fait de ranger ma chambre ».

Les privations :

« A tout âge, les privations sont les sanctions les plus efficaces », affirme Jean-Louis Le Run. Mais il ne s’agit pas de mettre en place n’importe quelle privation : « Il faut viser des activités stériles (télé, jeux vidéo, sorties…) et non celles qui lui permettent de s’épanouir ou qui lui sont vitales (sport, art, nourriture). »

Patrick Delaroche conseille, lui, le recours à des punitions qui engagent le corps : ranger, tondre le gazon, nettoyer…
Selon lui, le but d’une punition est de soulager l’enfant de sa culpabilité. L’enfant qui transgresse sait qu’il a mal agi et s’en sent coupable. En fournissant un effort, on lui permet de se débarrasser physiquement du poids de cette culpabilité. « Il se “dépense” pour “payer sa dette”. » Ces punitions sont surtout valables pour les enfants de plus de 5 ans.
Concernant les plus petits, « l’attention et la présence de leurs parents étant leur principale satisfaction, il leur suffit d’en être privé quelques minutes pour se sentir très punis. » indique Daniel Marcelli. Il pourra alors s’agir d’aller au coin ou dans sa chambre, pendant 5 minutes, par exemple.

Il est important que la mise en place de la punition ne soit pas systématique et ne vienne que « quand le rappel de la règle et les explications n’ont pas suffi. » (J.L Le Run) sinon, il y a risque d’entrer dans un rapport de conflit permanent où le parent sera contraint d’aller sans cesse dans la surenchère punitive, d’inventer sans cesse de nouvelles punitions / privations.
Il est important de garder à l’esprit que si la punition devient le seul moyen de se faire obéir, c’est que l’autorité n’est pas établie. « Dans ce cas, conclut le pédopsychiatre, il ne faut pas hésiter à se tourner vers un spécialiste. »
Par ce conseil, Jean-Louis Le Run vient rappeler que la sanction systématique sous-entend le fait que le parent n’a pas réussi à imposer naturellement son autorité, pour quelque raison que ce soit.
Mais, il n’y a là rien de dramatique et il faut garder à l’esprit qu’en tant que parent, on ne fait que ce que l’on peut (!) et il est donc naturel à un moment ou un autre de se sentir un peu dépassé et d’avoir besoin d’être guidé.